Ep. 4 : Week-end au vert 1/2

Vendredi soir : Trouville.
J'ai dit oui (étonnant! la dernière fois que j'aurais dû dire un grand oui, j'ai dit un regrettable non...).

Mais je n'ai pas pris la décision à la légère, loin de là, j'ai fait mon tableau :

Comme on peut facilement le lire, le "pour" gagne haut la main(!).

J'ai donc dit oui, sans me préoccuper de quoi que ce soit, comme où allions-nous dormir... La réponse fut : "chez des amis qui ont une maison de vacances un peu en dehors du village". Sur le coup, j'ai pensé : "Bravo Juliette, ça t'apprendra à demander avant, ça va être canapé clic-clac et réveil au son des tasses à café". Parce qu'en fait moi, quand on me dit "maison de vacances" de couple trentenaire, je pense petit. C'est une association logique. Genre 2 chambres et 1 pièce à vivre ; et très honnêtement, je trouve déjà ça super sympa. La résidence secondaire, je l'attribue plus aux parents.

Là, comment dire... cette "maison de vacances" était en fait le genre à pouvoir accueillir 3 générations sans même que la grand-mère soit gênée par la musique de la sur-boom de l'ado rebelle qui fête ses 15ans.

Du coup, il y avait beaucoup, mais alors beaucoup de monde.

Ce n'est qu'une fois installée, rafraîchie, posée 2 minutes seule, qu'en descendant, j'ai bloqué dans l'escalier : mais si tous ces gens étaient les amis de Laurent, ils savaient qu'il était marié... Et pas à moi. Il m'avait fallu 3h30 pour penser à ce "détail".

Mes angoisses furent balayer d'un : "Je vous présente Juliette, ma petite cousine".

Là encore, il m'a fallu 1h et 3 coupes de champagne pour me demander si j'étais sa première "petite cousine" que Laurent emmenait en week-end...

L Ecoute Juliette, nous sommes venus pour passer un bon moment ensemble ici, non ? pas pour faire du conseil matrimonial.

Je pense que je tenais ma réponse.

J'ai encore dû passer une bonne heure à errer de groupe en groupe, tentant de me greffer à des conversations, mais je suis vraiment nulle à ce truc-là. Je n'allais bientôt plus devoir compter les coupes mais les bouteilles de champagne.

C'est là que Raphaël m'a abordée.
Comme moi, il ne connaissait pas grand monde, sa principale occupation avait été de me regarder essayer de m'infiltrer dans des mini-clans, sans le moindre succès.
On a parlé, beaucoup, longtemps ; il est interne en chirurgie, très sympa et ne logeait pas dans la grande maison-camp de vacances car lui aussi a la sienne, ou plutôt celle de ses parents.

Je ne sais plus vers quelle heure, peut-être 3-4h du matin, les derniers debout se sont motivés pour aller sur la plage attendre le lever du soleil. Il faisait terriblement froid, ma petite robe en coton American Apparel n'aidait pas. J'ai pris le seul et unique pull que j'avais eu la présence d'esprit d'emporter(ma marinière en cachemire Et Vous achetée le midi même en soldes), la couverture du lit, un vieux plaid qui traînait sur le fauteuil de la chambre, et j'ai suivi le mouvement. Raphaël m'attendait. Laurent était quelque part, devant (on ne se colle pas entre cousins...).

Je suis venue passer le week-end avec un homme marié que je connais pour finir la première soirée dans les bras d'un autre, certes célibataire, mais que je ne connais pas.
Mmmmmmm... très immoral tout ça.
En me décidant à venir ici, je me suis dit que vu la monotonie (bon, le néant, ok) de ma vie sentimentale sur les derniers mois, un peu d'agitation serait la bienvenue. Cela risque de dépasser mes espérances...

Comme toujours dans un groupe, il y a les organisaturs dans l'âme, ceux qui ont la présence d'esprit d'apporter de la musique, à boire, à manger.
Grâce à eux, nous avons vu le soleil se lever au son de Air, une coupe de champagne encore frais à la main : magique!


2 commentaires:

Anne a dit…

Juliette compte les coupes de champagne, donc ce n'est pas une fille douce, sinon elle compterait les gens...
:-)

Anonyme a dit…

et puis elle boirait un kir royal à la peche

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